À propos

Laurent Vallerbe
Auteur dramatique, auteur-compositeur, musicien, né en 1968.

L’auteur de théâtre :
Laurent Vallerbe exagère. Les situations, les personnages. Il tord le réel, en extrait son nectar d’absurdités. Il en fait une émulsion comestible qui rappelle au spectateur (-trice) ses mets d’enfance. Quand d’un carton il (elle) faisait une montagne. Avec le sable, un château fort nain. Chez Laurent Vallerbe, les bornes dépassées ne sont pas assez hautes. Il décrit l’évolution de la maladie de la vie. Les boutiques où acheter des disputes. Il nous guide sous les néons grésillants du musée du travail. On songe à la différence avec le vrai. Et quand le vrai sonne faux, on rit instinctivement, sans maîtrise de soi. Laurent Vallerbe connecte nos réflexions avec nos émotions sur courant alternatif. Il est parfois judoka du langage. La phrase sous prise contorsionnée est pourtant intelligible, car il vise l’élévation, non l’immobilisation.

On a vu Laurent Vallerbe souffrir aux cours de théâtre. Expirant l’air de son ventre jusqu’à devenir rouge. Actionnant son corps sans son cerveau – Suis néanmoins les indications de mise en scène ! – jusqu’à devenir blanc. Projetant puissamment sa voix jusqu’au dernier rang – Ta voix doit quand même paraître naturelle ! Laurent Vallerbe voulait ressentir dans sa chair les tortures qu’infligeraient ses textes à des comédiens. Il a ainsi testé les limites jusqu’où pousser leur schizophrénie. Savez-vous qu’ils sont emportés par des vagues invisibles et qu’ils se prennent sans honte pour un roi du Danemark ?

Avec l’âge, il les ménage. Il comprime ses tirades façon Arman. On dira qu’« il va vers l’épure ». Sinon, qu’il fatigue. Il a remarqué qu’un « Oh ! » à point nommé a souvent plus d’effet que cinq lignes laborieusement accouchées en trente jours.

Malgré son inappétence pour le jeu, Laurent Vallerbe poursuit néanmoins l’expérience scénique – sous un autre nom –, en se produisant dans de nombreux récitals poétiques faiblement corporels, devant des publics villageois indulgents et néanmoins ravis.

Liste de mes pièces :
Pièces intimistes dramatiques :
Amour et désamour (2011), présente la relation artistique et amoureuse entre Reeves et Carson McCullers. (3ème prix d’écriture théâtrale 2012 du Petit théâtre de Vallières).
Quand tu chantais (2013)
Le jour où j’ai perdu mon fils/La bande (2014), texte réaliste dramatique racontant la même agression du point de vue de la victime et du point de vue des agresseurs.

Pièces absurdes :
La maladie de la vie (2011), présente l’itinéraire d’un personnage depuis sa première console de jeux vidéo jusqu’à son évaporation. Elle a été jouée au théâtre Alexandre III de Cannes en juin 2014.
La boutique de disputes (2012), propose une série de tableaux poético-absurdes autour du thème du travail et du non-travail. Ce texte est co-lauréat du prix Niaca 2012. Il a été joué depuis 2013 par différentes compagnies (Théâtre de l’Aparté, Côté cour cie).
La loterie de la vie (2012), série de tableaux poético-absurdes.
Comédie (2014), épopée sombre et cocasse sur le théâtre et sur l’humanité, clin d’œil à Beckett.
L’invention du bord de mer (2015), série de tableaux poético-absurdes sur le bord de mer.
Digital Horror Show (2024), douze variations de nos cauchemars numériques.
En cours d’écriture : Insensées, une autre histoire de la femme (2025).

Pièce expérimentale :
Attraction des aimants (2013). Trois personnages. Exploration de toutes leurs possibilités relationnelles à l’aide d’incessantes ratures scéniques.

Le musicien et auteur compositeur :
D’abord clarinettiste afin de « vivre Bach ou Mozart au lieu de les écouter »,  puis pianiste afin de « mieux comprendre le jazz en le jouant », Laurent Vallerbe a sévi dans de nombreuses formations, du post-punk primaire à l’électro-pop sophistiqué. Son dernier album, Réminiscences, avec le groupe ANEO, dont chaque titre est à la fois le souvenir d’un style musical et le souvenir d’un être aimé, mérite d’être écouté – on dit toujours ça du petit dernier. Laurent Vallerbe n’a jamais été convaincu par les textes de ses chansons, qu’il considère comme des trahisons envers ses mélodies, mais il progresse, tout en épuisant ses interprètes parfois récalcitrantes.

PCV a accompagné la tournée de la pièce Pages arrachées à la Guerre de 14-18 de la compagnie T2A (Anduze) en 2014-2015 (12 représentations).
Spectacle Peintures et poésie en musique, avec les peintures de Frédéric Hébraud et les textes de Philippe Farlay (2015-2016).